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 voila souvenez-vous...

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Lancelot de Fohet
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Localisation : L'Auvergne, Coeur du Massif Central.
Date d'inscription : 03/03/2009

MessageSujet: voila souvenez-vous...   Ven 27 Nov - 13:38

http://www.christia-sylf.org/rep01/page17.html

chrystia sylph de son vrai nom Christiane RICHARD-DELECLUSE,


<< Je veille dans la nuit des hauts alpages et mes brebis innombrables brillent de blancheur dans le noir ainsi que des étoiles.

Je m'appelle le vieux Kébélé, le Judicieux Ami. Je suis un vieillard verdoyant et, à dire vrai, je n'ai point d'âge. Je participe de la nature de l'arbre. Comme le chêne : apparence de noueuse écorce, chargée d'ans, au-dehors. Et claire sève de présent printemps au-dedans. Tel je suis, sans jamais varier.

On m'a vu souvent sur la montagne. Je regarde avec tendresse l'obscure vallée. On m'a vu souvent sur la route : mon voyage croise le vôtre. Tout en allant, car je vais toujours, je redresse la plante courbée par le vent, j'ouvre la coquille parfois trop dure à l'oiseau qui veut naître, je pousse vers la terre la graine de hasard tombée sur le roc , je rends à l'adoucissement de la rivière le caillou de douleur qui a trop longtemps roulé et brûlé au soleil. Près du carrefour, là où même la poussière hésite en tournoyant, je souris en montrant un chemin de traverse, pour les enfants, pour les gitans, ces Fils du vent, pour les abeilles, pour tous ceux-là qui ne font pas résistance.

Il m'est accordé de rectifier.

Les cueilleuses de simples, les suiveurs de soleil, les nomades lunaires, les assoiffés, les glacés, les ardents et les très obscurs sont mes enfants qui me questionnent sans le savoir et auxquels je réponds, sans qu'ils s'en doutent.

Je suis un voyageur à rencontrer.

Inconsciemment, les miens me cherchent. Et je les trouve. … De loin en loin, entre deux voyages, je me tiens dans ma retraite cachée. Mon ermitage, mon sûr refuge de méditation et de labeur, c'est le sein même du Temps. Je suis assis au centre de mon vaste rêve, devant mon métier et, des fils mêmes de la vie, je tisse les brillants archétypes, je prémédite les modèles harmoniques de ce qui est à venir.

C'est un tissage. C'est une musique. Qui sait écouter peut d'ailleurs l'entendre. Ce geste créateur-là est aussi une prière qui s'inscrit dans les Lois du Parfait et lui rend ainsi hommage, par un dialogue de reflets.

Moi, Kébélé, je travaille au milieu de la Hauteur. Je suis le Médiateur. Mes modèles se proposeront ensuite en Bas. En un mouvement incessant, j'assemble fils d'or et d'argent. Le tissu naît de cette épousaille continue. En même temps, je brode et j'inscris. Je marie, par l'art secret, des soies vertes et rouges dont les forces se repoussent. J'oppose des blancs purs à des noirs profonds, tout comme l'on soutient par des colonnes le creux d'un temple. Sous mes mains qui unissent, les antagonismes acceptent de se fondre en paix, les complémentaires produisent leurs formations. C'est le grand jeu sacrificiel de la Lumière prenant Couleur. Je brode : les Lois se ploient, se complaisent à s'efforcer ensemble.

Sous le jeu coloré, la trame avec la chaîne se tient en harmonie, tandis que ma navette chargée court à travers l'ouvrage. Les détails du dessin apparaissent, grandissent, procédant l'un de l'autre… Rien ici n'est indifférent ni gratuit. Tout importe. Rien n'est séparé de l'ensemble. Tout y concourt.

Et tel petit ornement inexplicable que l'on voit sur l'endroit de cet ouvrage, privé de sens comme un œil ouvert tout seul dans un angle, en vérité à l'envers révèle sa nature, lance des fils, rayonne à l'entour de lui-même et contacte secrètement tous les autres motifs.

La Grande Tapisserie ne montre qu'une apparence de visage extérieur.

Seul, je connais son envers mouvant, riche de toutes les solutions. Mes mains ont motivé par-dessous tout ce qui apparaît à vos sens.

Je sais de quels nœuds sont rassemblés, de loin en loin, sous l'ordre d'un rythme, certains fils, toujours les mêmes.

Ainsi, périodiquement, ils répètent un motif particulier, utile à l'ensemble, une fleur de foudre, un dragon de beauté ou la cantate des lumières prismatiques.

Je sais pour quelle raison tel fil court, solitaire et brillant dans le paysage des autres, comme un ruisseau hâtif s'en va sans fin, plein de désirs et de vœux, vers la mer. Tous, alors, se penchent sur ses rives fraîches; mais lui, ne fait que les côtoyer, sans les connaître, et ne s'unit point à rien. Tel autre, qu'on ne remarque pas et dont il semble qu'on pourrait se passer va diligent de l'un à l'autre, ne cesse jamais son œuvre de liaison. On ne le connaît guère, son aspect est neutre ; cependant, tous par lui se connaissent…

Cet autre encore, précieux, réticent, tâte d'une antenne le spirituel qui transparaît à ses sens plus subtils. Il cherche où modifier, il cherche un lieu véritable, un centre à valoriser. A-t-il enfin trouvé ? Aussitôt, l'ensemble par lui s'épanouit et rayonne !

… Un fil fulgure, en lignes brisées, sans loi, anarchique ! Il va, toujours à travers, ainsi qu'un défricheur.

Met-il de l'ordre ? Simplifie-t-il ? Crée-t-il du nouveau ? on ne sait : il va seulement, tout à sa force jusqu'à ce qu'un obstacle patient le reçoive, le retienne, l'absorbe dans sa masse… Il chemine, en dessous, occulté durant des âges, pour resurgir un jour, apparemment inattendu mais, en réalité, prévu dans le plan d'ensemble.

Ainsi en est-il du cheminement des esprits sur le métier transcendant où s'élabore le chatoyant tissu des devenirs.

Moi, Kébélé, j'ai tissé certain travail avec six fils. Ces six fils m'ont longtemps tenu au cœur. Si bien que, par un jeu de mots, je pourrais tout aussi bien dire : mes six rejetons, mes six FILS.

Je vous parlerai d'eux, afin de vous dévoiler, par le dessous de la tapisserie, ces mystérieux rapports qui nouent et dénouent, d'une vie à l'autre, certains groupes humains. Ceux-là forment, au regard sagace du ciel, des familles karmiques en apprentissage du meilleur amour.

Le chemin vers la lumière est long et sombre. Ce qui fulgure dans une existence peut aveugler pour l'existence suivante. L'erreur ici faite se retrouve empreinte là-bas. Ce qui n'a pu s'achever en une fois se continue en plusieurs. Les séparés se retrouvent. Les unis sont séparés. L'obscur, peu à peu, laisse transparaître le jour. L'impatient s'apaise. Le nonchalant se hâte un peu plus à chaque pas. Les vies qui s'enchaînent forment les étapes du voyage ; et le sommeil de la mort répare les force de l'âme pour l'étape suivante.

Oui, ils étaient six entre mes mains, si fils de différentes valeurs, de différentes torsions, six fils prédestinés qui allaient se travailler eux-mêmes en travaillant les autres.

Je vous donnerai comme un repère qui ne changera pas, la traduction de leur nom secret. Donc, dans l'archétype, au début, il y avait :

- Celui-qui-toujours-aime,

- Celui-qui-toujours-est-opaque,

- Celui-qui-toujours-est-un-ange,

- Celui-qui-toujours-abîme,

et

les Deux-qui-toujours-ne-forment-qu'un-seul.

Je les ai tissés et ils ont vécu, âprement, douloureusement, avec des chutes et des triomphes, avec des crimes et des miracles, sans la foi et avec elle, contre la lumière et puis, pour elle. Ils ont vécu. Ils vivent…
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