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 Méditer Guendune Rinpoché

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Lancelot de Fohet
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MessageSujet: Méditer Guendune Rinpoché   Sam 20 Aoû - 15:53

Méditer


Guendune Rinpoché


Méditer signifie dégager, libérer son esprit de toutes les formes d'attachement, de saisie, de vouloir, de caractérisation des choses.
Plutôt que de faire quelque chose, il s'agit de défaire les liens et chaînes par lesquels l'esprit est emprisonné.
En abandonnant l'attachement aux choses comme étant réelles, on abandonnera la saisie mentale de ces choses et la volonté qui leur est attachée, et par là l'apparence se trouvera libérée d'elle-même.
On croit souvent que méditer, c'est imposer un état vide à l'esprit, un état sans aucune pensée ni mouvement mental.
Cette conception est erronée car si la méditation était un état sans pensée, cette table devant nous serait en train de méditer !
La méditation n'a rien à voir avec le fait de créer un vide volontaire dans l'esprit ; méditer, ce n'est pas arrêter le mouvement des pensées, mais demeurer sans saisie quant à ces pensées.
S'il n'y avait pas de pensées ou mouvement conceptuel dans l'esprit,
qui méditerait ?
La méditation consiste donc simplement à reconnaître ce qui nous lie à l'apparence, à la manifestation extérieure et à desserrer l'étreinte des fixations mentales. C'est opérer une détente par rapport au conditionnement habituel, c'est laisser cette détente créer son propre effet: les objets de la fixation tombent d'eux-mêmes, les noeuds se dénouent à leur tour.
Méditer, c'est se défaire de cette cuirasse que l'on s'est forgée, des vêtements superflus que l'on porte ; on abandonne alors les uns après les autres les vêtements conceptuels pour rester dans la nudité primordiale.
Dans cette détente est éprouvé l'état fondamental de l'esprit comme étant clarté, conscience connaissante, lucidité vive.
Cette clarté de l'esprit est définie comme la conscience instantanée, immédiate, un état exempt d'élaborations mentales. On doit simplement demeurer dans la jouissance de cet état, laissant l'esprit dans sa dimension propre, sans caractériser ou juger quoi que ce soit, sans même concevoir la notion d'une méditation. Quand l'esprit arrive à s'établir dans cet état, il expérimente son propre espace et tous les phénomènes extérieurs et intérieurs sont perçus dans leur dimension de vacuité.
Cet état n'est limité par rien, il est libre de toute orientation, sans support, et en lui est présente la connaissance fondamentale exempte de point de référence.
C'est aussi un état de bonheur et de bien-être, affranchi de tout empêchement conceptuel. L'apparition de ces qualités de l'esprit est le signe du succès de la pacification mentale et le développement de cette méditation, lorsque l'on est capable de demeurer absorbé dans cet état sans le perdre ou l'altérer, c'est l'obtention du "samadhi de la quiétude".
Il est important de ne pas juger sa méditation, de ne pas penser que tel état est "bon", que tel autre est "mauvais", que lorsque l'esprit est calme nous faisons une "bonne méditation", que lorsqu'il est agité nous faisons une "mauvaise méditation".
Lorsque ce genre d'idées s'élève pendant la méditation, il faut diriger son attention vers celui qui juge ainsi, vers la conscience qui évalue la méditation.
Par l'introspection, cette conscience se découvre comme dépourvue de forme ou de couleur ; l'observateur est privé de toute spécificité qui pourrait prouver son existence. Comme on l'avait fait pour l'objet perçu, on retrouve la dimension vide de l'esprit percevant l'absence de réalité du sujet.
Donc, quels que soient les phénomènes mentaux qui s'élèvent dans l'esprit, on les traite ainsi : on ne tente pas de prévenir leur apparition ou de les faire cesser lorsqu'ils sont là; on ne les suit pas non plus, mais on les contemple pour ce qu'ils sont.
Chaque fois que l'on reconnaît l'essence par le regard direct, on retrouve la dimension de esprit inobstruée, libre d'entrave. Méditer en cherchant à l'extérieur quelque chose de plus débouchera sur une sensation de manque. C'est exactement le processus inverse qu'il faut appliquer : nous déposséder de ce qui encombre l'esprit en nous tournant vers l'intérieur, jusqu'à l'état spontané où ne subsistent ni recherche ni souffrance, la plénitude omniprésente.
La dimension naturelle de notre esprit est le Dharmakaya. Celui-ci est par nature spontané. La seule manière de rencontrer l'esprit est de l'harmoniser avec cette nature libre de causes. Seul un état de détente et d'ouverture peut permettre à cette essence spontanée de s'élever d'elle-même
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Lancelot de Fohet
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MessageSujet: Les défauts dans la méditation Guendune Rinpoché   Sam 20 Aoû - 15:55

Les défauts dans la méditation


Guendune Rinpoché


Quand nous méditons, nous nous mettons dans un état artificiel, une sorte de transe. C'est le défaut le plus commun. Il y a différentes sortes de transes chez les méditants. Certains ont le corps tout raide car ils sont très tendus. Ils mettent beaucoup de force dans la méditation et attendent désespérément la lumière. La seule expérience qu'ils ont en général, c'est le mal de tête. D'autres cherchent plutôt à s'intérioriser pour trouver la conscience en eux-mêmes, mais ils semblent devenir complètement stupides. Il y a ceux qui essaient désespérément de se poser car ils ont peur que " ça s'agite et que ça remonte ". Il y en a d'autres qui cherchent en face d'eux. Ils essaient de voir quelque chose apparaître et ils sont dans une totale dualité. Voilà quelques portraits-robots de méditants et de leurs déviations principales. Cela représente beaucoup de souffrance et de difficulté dans la méditation. C'est pour cela qu'il faut en parler et dire à chacun ce qui ne va pas, pour qu'il ait une chance de s'en rendre compte un jour, sinon cela peut continuer ainsi pendant des années et des années. Un autre défaut commun à tous est de croire qu'il faudrait vider son esprit, avoir un esprit sans aucune pensée, sans aucune activité mentale et arriver ainsi à une sorte d'hibernation. On essaie de se ratatiner, de se rétrécir, de faire rentrer l'esprit dans une espèce de boîte où il n'y aurait plus rien. Cela vient justement d'une compréhension fausse de la méditation. Pour méditer, il faut des pensées. Qui médite, s'il n'y a pas de créations mentales ? Si la méditation, c'est être sans pensées, alors cette table doit être en train de méditer, de bien méditer même! Dans la méditation, nous laissons les pensées s'élever sans les saisir, sans vouloir faire quelque chose avec. Méditer, ce n'est pas essayer de se débarrasser de ses pensées, de faire le vide, ce n'est pas non plus essayer d'attraper ou de cultiver une pensée particulière et de s'en tenir à celle-là, et à celle-là seulement, sans vouloir en laisser passer une autre. Ces extrêmes ne créent que des tensions et des blocages. Nous apprenons au contraire à mener l'esprit à un état d'ouverture complètement inobstrué, sans chercher à faire quelque chose avec nos pensées. Nous restons simplement conscients de leur apparition en posant dessus un regard direct. Quand nous regardons la pensée, c'est l'esprit que nous voyons; quand nous regardons l'esprit, rien n'est vu en tant que tel. Progressivement, nous apprenons à prendre conscience des pensées, ensuite à prendre conscience de l'esprit à travers les pensées, puis à reconnaître la nature de l'esprit. Quand toutes les pensées s'élèvent dans leur vacuité intrinsèque comme étant l'essence vide de l'esprit, les pensées sont alors libérées, l'esprit est libéré. Les pensées s'élèvent alors comme Dharmakaya, la dimension fondamentale de l'esprit naturellement éveillé, naturellement conscient. Cela demande du temps. Il est important de savoir dans quelle direction évoluer pour ne pas partir sur une fausse piste, pour ne pas méditer sur la base d'idées fausses, en cherchant justement à éliminer les pensées ou à maintenir son esprit rivé à une seule pensée. Laissons l'esprit être ce qu'il est dans sa créativité, dans sa souplesse, dans sa richesse naturelle et petit à petit nous apprendrons à pénétrer l'essence de l'esprit à travers la reconnaissance des pensées et de l'esprit lui-même.
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